Un cursus en formation accélérée (60 h de cours et 150 h de projet), porté par trois établissements nantais – l’Université de Nantes, Centrale Nantes et l’École de design Nantes Atlantique – et rassemblant des équipes où se côtoient étudiants et collaborateurs d’entreprise en formation continue : telle est la particularité du programme « Disrupt Campus Nantes » créé à la rentrée 2018-2019.

Disrupt Campus NantesL’IAE Nantes est aux avant-postes de cette innovation pédagogique : le cursus se déroule dans ses locaux et ses étudiants y sont nombreux. Dès la première promotion, ils étaient sept à préparer le diplôme inter-universitaire (DIU) Innovation et transformation numérique qui sanctionne cette formation, tout en suivant par ailleurs un M2. Parmi eux, Valentin Daniel, alors étudiant dans le Master Économétrie et statistiques. « Mon cursus me destinait à travailler dans des entreprises digitales qui ont beaucoup de données à exploiter. Avec ce DIU, je voulais voir aussi les autres métiers et projets possibles autour du numérique. Et puis, le fait d’obtenir un second diplôme était intéressant », indique-t-il. A mille lieues de l’univers des start ups, il a travaillé sur la traçabilité du poisson, de la pêche à l’assiette, avec deux cadres du mareyeur Océalliance.

Damien Lecoq, directeur des systèmes d’information, et Valérie Coeuret, directrice qualité, HQE et process, sont venus chercher dans Disrupt Campus une réflexion et des ressources pour digitaliser l’atelier de conditionnement du poisson, préalable à sa traçabilité. N°1 français du mareyage, Océalliance a en effet l’ambition d’être un référent de la filière en matière d’innovation. Le travail en équipe avec les étudiants a abouti à un livrable. Le projet est toujours d’actualité, en attente d’une décision d’investissement. « Cette formation nous a fait énormément avancer. Elle nous a permis de rêver à un futur possible mais en gardant les pieds sur terre puisqu’on imagine des solutions de demain réalisables », souligne Valérie Coeuret. Elle a beaucoup apprécié l’apport des étudiants, « leur capacité de recherche et leur absence de filtre qui permet de gagner en créativité ».

Bilan très positif aussi pour Valentin Daniel qui estime avoir ajouté une corde managériale à son arc en travaillant sur la mise en place d’un process de recueil de données. Le cursus du DIU offre en outre à ses étudiants et stagiaires de nombreuses rencontres avec les acteurs économiques du numérique local. C’est d’ailleurs à cette occasion que Valentin Daniel a trouvé son stage de M2 dans la société Shopopop… qui s’est transformé en embauche comme data scientist.


Extrait de la Bulle d'Air n°4 - 2020