• Le 12 octobre 2017

Dans le cadre des Erasmus Days nous sommes partis à la rencontre de Martin et Elysabeth ancienne étudiante du parcours international à l'IAE Nantes. Ce couple franco-allemand est encore une preuve que les échanges Erasmus+ vont bien au-delà d'une année de cours à l'étranger. Ces voyages sont le théâtre de vies qui se croisent et se mêlent pour donner naissance à des nouvelles histoires toujours plus belles et toujours plus interculturelles !

PortraitPouvez-vous vous présenter ?

Elysabeth : Je suis Elysabeth Yven, j’ai 23 ans, je suis française expatriée en Allemagne depuis 2014. J’étais à l’IAE de Nantes en licence parcours international et pour ma troisième année je suis partie avec le programme Erasmus+ en Allemagne.
Martin : Moi c’est Martin j’ai 32 ans je travaille dans une banque à Dresde où je vis en Allemagne. J’ai suivi un parcours professionnalisant un peu comme un BTS.

Elysabeth pourquoi avoir choisi de partir et pourquoi l’Allemagne ?

Elysabeth : Dans le parcours que je suivais à l’IAE nous étions fortement invités à réaliser au moins une année à l’étranger et j’avais de toute façon cette envie de partir depuis bien longtemps. Je parlais assez couramment l’anglais et j’avais aussi étudié l’allemand en seconde langue. Partir en Allemagne était pour moi une opportunité pour approfondir mon allemand. Je voulais être loin de la frontière pour m’imprégner complètement de la culture allemande, alors Dresde était pour moi la bonne destination.
 

Comment s'est passé votre rencontre ?

Elysabeth :  Nous nous sommes rencontrés au mois d’avril 2015 après le premier semestre. Nous nous sommes vus pour la première fois en boîte de nuit. Ce n’était pas très original comme rencontre au final ! Nous avons échangé nos contacts dans cette boîte de nuit très très bruyante en se donnant un rendez-vous un peu plus tard dans la semaine. J’avais peur d’y aller mon allemand n’était pas très bon à l’époque, je me suis dit "On ne va pas pouvoir communiquer on ne va pas réussir à se comprendre !"
Martin : C’est vrai qu’au début quand Elysabeth ne parvenait pas à s’exprimer en allemand elle parlait en anglais et quand ça bloqué aussi en anglais on passait au langage des signes. Mais vous savez, finalement, quand on a la volonté et l’envie de se comprendre on finit toujours par y arriver ! Ce qui était frustrant aussi c’est que tout de suite Elysabeth m’a expliqué qu’elle repartirait en France en août à la fin de son Erasmus, nous débutions donc sur des bases incertaines !
Elysabeth :  Oui c’était un peu compliqué au début de prendre la relation au sérieux mais les sentiments ça ne se contrôle pas et nous sommes passés au-dessus de tout ça et le reste s’est passé naturellement.
Martin :  Nous n’étions pas sûres de continuer notre relation après août on ne voulait pas y penser et puis finalement on a senti que cette histoire était très sérieuse et nous sommes partis en vacances ensemble. Pendant ces vacances nous avons décidé de tenter la relation à distance.

Mis à part la barrière de la langue avez-vous été surpris, gêné, par des différences culturelles ?

 Martin : Quand je suis venu en France j’ai compris ce que cela signifiait que d’être avec une française et que d’être en France. J’avais déjà visité votre pays mais y être avec une native c’est différent ! Vous mangez vraiment tous de la baguette et du fromage ce n’est pas une légende !!!
Elysabeth :  Moi j’ai eu du mal à m’habituer au fait que les règles sont les règles en Allemagne ! En France, un français cherchera toujours à négocier, à avoir des passes droit. En Allemagne c’est inconcevable j’ai l’impression ! Si ça fonctionne comme ça, c’est comme ça ! Ce n’est pas un cliché, j’ai essayé de négocier sur certaines choses mais sans succès ! Par exemple, il y a une taxe audiovisuelle aussi ici mais moi à l’époque je n’avais ni télé, ni ordinateur et ce n’était pas normal pour moi et Martin me disait "Mais c’est comme ça" ! Ici, en Allemagne, quand on a rendez-vous à 8h, c’est 8h, pas 8h10 ! A la fac c’était très flagrant cette ponctualité d’ailleurs !
Martin :  Ce qui m’a beaucoup marqué aussi à Nantes c’est ce nombre incroyable de rond-point et même des doubles ronds-points, je n’ai pas compris ! Nous n’avons pas de rond-point chez nous. J’ai été aussi surpris par la beauté de l’architecture française.
Elysabeth :  En Allemagne on paie très majoritairement en espèce surtout ici à l’Est de l’Allemagne, même pour acheter une voiture ils vont retirer 10 000€ en cash ! Dans la plupart des bars et restaurants ils n’acceptent même pas la carte bleue. Je n’étais pas habituée à ça.
Martin : Je suis venue à l’IAE de Nantes une fois lors d'une de mes visites à Elysabeth et j’ai suivi un cours d’allemand. J’ai été très surpris de la tenue vestimentaire des étudiants, je me disais qu’ils pourraient tout aussi bien aller travailler avec ces tenues, ils étaient très chics ! Ici, en Allemagne, les tenues des étudiants sont très à la cool, plus détendues. Voir des étudiants en costume à la fac moi ça ne m’était jamais arrivé !
Elysabeth : C’est vrai, on dit souvent qu’en Allemagne, par exemple à Berlin, les gens sont très ouverts, cools, pas de tabous, pas de limite ! Et bien je l’ai vraiment ressenti cet aspect très libre sans jugement sur les apparences. Franchement je pourrais sortir dans la rue en pyjama, ici, personne ne me regarderai bizarrement ou me montrerai du doigt. J’ai eu l’impression aussi que les gens, les étudiants se mélangeaient plus ils allaient plus facilement les uns vers les autres.

Et la suite de votre histoire après l’année Erasmus ?

Elysabeth : Je n’ai pas obtenu m’a troisième année en Allemagne donc j’ai terminé ma licence à l’IAE Nantes. Mais je voulais absolument repartir en Allemagne et rejoindre Martin. Pendant cette période nous essayions de nous voir le plus régulièrement possible j’allais de temps en temps en Allemagne et parfois c’était Martin qui venait. Mais les deux trois premiers mois de retour en France ont été très difficiles. Non seulement je ne voyais plus Martin mais j’ai dû faire une sorte de deuil de cette année incroyable que je venais de vivre en Allemagne. Au début c’est dur de réintégrer son quotidien.
Martin :  En tout cas les réseaux sociaux ont beaucoup estompé le fait que physiquement nous étions séparés. On s’appelait très régulièrement on communiquait beaucoup sur Facebook, Skype, Facetime, Whatsapp, grâce à cela nous réalisions moins la distance. On se parlait même peut-être encore plus que quand Elysabeth était à Dresde ! Mais c’est vrai qu’au début la séparation a tout de même été difficile. Pour palier à cela, nous nous donnions des « rendez-vous ». En fait quand Elysabeth venait en Allemagne ou que j’allais la voir en France, à chaque fois, nous fixions la prochaine date à laquelle nous nous verrions. Ainsi, on pouvait compter les jours avant de se revoir !
Elysabeth :  Au début nous avions quand même beaucoup d’espoir sur le fait que je revienne à la fin de l’année en Allemagne. Mais quand j’ai essayé concrètement de voir comment il serait possible de revenir en Allemagne ça s’est avéré plus compliqué que prévu. Ce n’est pas du tout la même chose de partir dans le cadre Erasmus et de partir par ses propres moyens. J’ai réfléchi à toutes les solutions possibles et inimaginables pour repartir en Allemagne ! Du coup, j’ai fini par postuler à un poste d’assistante de langue en Allemagne pour le programme Erasmus. J’ai aussi cherché à faire un stage pendant l’été avec Erasmus + qui proposait une bourse et de l’aide pour trouver un stage. Avec ce stage j’avais au moins 3 mois où je savais que j’allais pouvoir être en Allemagne. Pour le poste d’assistante de langue dans un lycée, ça a été l’ascenseur émotionnel car j’ai été prise pour un poste mais ça n’était pas à Dresde, c’était à 3h de là et c’était dans un tout petit patelin !
Martin : Moi j’étais quand même super content, même si c’était loin je savais que ça allait être beaucoup plus facile pour se voir et son emploi du temps à vraiment permis que nous puissions nous retrouver régulièrement
 

A quel moment vous êtes-vous dis que définitivement vous feriez votre vie en Allemagne et comment votre relation est-elle perçue par vos proches ?

Portrait2Elysabeth : Depuis mon CDI je peux beaucoup plus facilement me projeter dans l'avenir ! Parce que mes stages, mon année Erasmus, mon assistanat, étaient des expériences sur des temps définis donc c’était difficile de voir plus loin dans le temps. "Mais où va être Elysabeth dans 3 mois dans 6 mois ?" C’était aussi un peu dur pour notre relation tout ça ! J’avais vraiment envie de m’installer sur du long terme.
Martin :  De mon côté, ma famille était un peu surprise, elle ne comprenait pas comment nous pouvions vivre une relation sans que nous puissions parfaitement nous comprendre d’un point de vu linguistique. Ils n’arrêtaient pas de me dire « mais comment vous arrivez à communiquer tu ne parles pas du tout français Martin ?! ». Mes parents étaient très curieux vis-à-vis d’Elysabeth mais ils ne savaient pas trop comment lui parler, ils parlaient très doucement, n’osaient pas lui demander tout ce dont ils avaient envie.
Elysabeth : Moi, ma famille était moins surprise, étant en Allemagne, ils s’attendaient à ce que je rencontre fatalement un allemand ! Quand Martin est venu chez moi mes parents ont eu du mal à intégrer qu’il ne comprenait vraiment pas le français. Mon père s’obstinait à lui parler en français ! Il pensait que comme il vivait avec moi il saurait parler un peu notre langue ! Je dois faire la traduction en permanence, du coup ma famille a essayé de se mettre un peu à l’anglais pour compenser. Mais encore une fois, si on veut se comprendre on finit toujours par y arriver !
Martin : Je crois que je suis un peu feignant ! Mais je finirais par m’y mettre ! J’ai quand même appris quelques mots avec le temps. Il me faudrait vraiment des cours du soir parce que c’est une langue qui a l’air vraiment difficile. Quand nous aurons des enfants nous souhaitons qu’ils aient cette chance dès tout petits d’être bilingue, alors à ce moment je m’y mettrai avec eux c’est sûr !
Elysabeth : Oui c’est important pour moi que nos enfants parlent aussi ma langue maternelle. Cela me permettra de faire des petites pauses en français. Mais bon ce n’est pas d’actualité tout ça !

Quels sont vos projets d’avenir ?

Elysabeth : Nous cherchons un appartement plus grand pour nous deux, toujours à Dresde.
Martin : Plein plein de temps, d’années ensemble au moins 500 ans et apprendre le français !
Elysabeth : Oui ça aussi ça peut prendre 500 ans !

Un grand merci à Martin et Elysabeth pour cette interview pleine de tendresse et de sincérité. Très bonne continuation à eux deux.

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