• Juin 2011

Diplômé en 2010, Jean-Henri PAGNON a créé son entreprise de fabrication artisanale de couteaux. D’une passion, cet autodidacte a transformé cette activité en vrai projet professionnel grâce aux deux années du DUESMO.

    
PortraitJean-Henri PAGNON

DU Études Supérieures en Management des Organisation (DUESMO)
(depuis 2012, le DUESMO est transformé en Master 1 Management Double Compétence en FC)


Promotion : 2008-2010
Formation d'origine : autodidacte, VAE* Formateur professionnel d'adultes, équivalent de niveau 3, 2006-2008
Formation suivie : DUESMO
Poste actuel : coutelier

* Validation des Acquis de l'Expérience


Formation

  • Pourquoi avez-vous décidé de reprendre vos études ?
Par esprit revanchard ! En fait, je n'étais pas fait pour les études et n'ai pas obtenu de diplôme. Au départ, j'étais formateur dans un grand groupe américain et je formais les commerciaux et les cadres de cette entreprise. En 2006, j'ai entamé une VAE Formateur professionnel d'adultes, que j'ai validée en 2008. Cela m'a donné le goût de l'apprentissage. Et enfin, j'avais du temps libre.

  • Avez-vous cumulé études et emploi en même temps ?
Oui, le fait que la formation soit positionnée les vendredis et les samedis matins m'a donné la possibilité de cumuler travail et formation, cela a été un vrai plus.

  • La reprise d'études a-t-elle été difficile ?
Non, cela fut exaltant ! Je me suis régalé pendant ces deux années. Nous étions un bon groupe, hétérogène et donc avec des expériences variées, et surtout, un groupe participatif. Il régnait une bonne ambiance. Et nous avions un bon relationnel avec les enseignants, ce qui est important. De plus, j'avais un intérêt fort pour les matières en gestion, et j'avais le projet de faire autre chose, même si je ne savais pas encore quoi.
La seule difficulté était que je n'avais aucune connaissance de base en gestion auparavant, ni au niveau de la formation initiale, ni au niveau professionnel. Je suis parti de zéro, contrairement à mes camarades qui avaient soit fait un peu de gestion, soit un métier dans ce domaine.

  • Qu'avez-vous tiré de cette expérience ?
J'en ai tiré beaucoup de choses ! Cela m'a permis de mûrir mon projet et de me lancer en auto-entrepreneur dans la fabrication de couteaux, passion que je nourris depuis que je suis enfant. J'en fabriquais déjà à titre personnel, pour le plaisir, mais c'est mon mémoire de DUESMO qui a déclenché le passage à l'acte : "création d'un couteau de poche en Brière".

L'atelier


Activité professionnelle

  • Pouvez-vous nous présenter plus en détail votre activité actuelle ?
Je suis coutelier, spécialisé dans la fabrication artisanale de couteaux en morta, du chêne fossilisé que l'on trouve en Brière. Je cherche toujours à innover, et ai entendu parler de ce matériau lors d'une fête populaire. J'ai tout de suite été intéressé.
Je travaille actuellement seul et vend mes produits directement dans mon atelier et auprès d'un petit réseau de distributeurs, triés sur le volet. Je les sélectionne en fonction de l'image qu'ils défendent, et ils sont aussi bien situés dans la région qu'à Paris et même en Belgique. A l'heure actuelle, je suis aussi en discussion avec un distributeur potentiel en Finlande.

  • En quoi la formation vous a-t-elle aidé à développer ce projet ?
La formation m'a apporté des compétences à plusieurs niveaux : sur le plan marketing, cela m'a permis de définir le ciblage et la segmentation du marché ; sur le plan comptable, même si je n'ai pas encore fait mon premier bilan ; sur le plan juridique, j'ai utilisé les notions acquises en droit des sociétés et sur le montage d'une entreprise.

  • Cela a-t-il été facile de concrétiser ce projet ?
Oui, plutôt. Au départ, je faisais cela en parallèle de mon métier de formateur, en auto-entrepreneur. Ensuite, j'ai quitté ce poste suite à un plan social, et j'ai dû présenter un projet d'entreprise. J'ai donc créé mon entreprise en SARL : "Atelier JHP". J'ai juste eu besoin d'un petit emprunt pour démarrer mon activité, qui a très bien marché dès le départ. Le succès m'a vite dépassé ! J'ai ainsi pu rembourser mon crédit et réinvestir l'argent gagné dans mon entreprise : je suis en train d'agrandir mon atelier. A l'heure actuelle, j'ai la chance d'avoir une entreprise saine, sans dette.

  • Et quels sont vos projets futurs ?
Le premier objectif est de pouvoir faire vivre ma famille. Ensuite, j'espère pouvoir créer un ou même plusieurs emplois.


Des clients arrivent... il est temps pour nous de conclure l'entretien.

En savoir plus : http://www.couteaux-morta.com/

Visionnez le reportage consacré à l'atelier : Le morta, l'or noir de Loire-Atlantique
Midi en France, France 3, 10 octobre 2013


Propos recueillis par Julie DEGRENNE, juin 2011
Actualisation octobre 2013