Arnaud BOURGEOIS, Président de CEVA Biomune et Vice-Président du groupe CEVA, aux États-Unis, nous explique les atouts du recrutement en stage d'une de nos étudiantes de Master Marketing des Produits et Services de Santé, Française et vétérinaire de formation.

Filiale de CEVA Santé Animale, laboratoire pharmaceutique vétérinaire international, dont le Siège est à Libourne (Gironde), CEVA Biomune est implanté aux États-Unis, dans le Kansas.


  • Recrutez-vous régulièrement du personnel étranger?

Nous essayons autant que faire se peut de donner une chance aux jeunes Français qui ont une formation proche de nos besoins. Mais dans la réalité, c'est souvent leur motivation qui nous convainc de les prendre en stage, même si nous n'avons pas a priori de besoin immédiat !
Nous avons actuellement aux États-Unis un VIE  et nous venons d'offrir deux postes à deux jeunes Français qui ont commencé comme stagiaires.


  • Pourquoi avez-vous décidé de recruter un stagiaire étranger?

Un vétérinaire avec une formation marketing a toutes les chances de faire une carrière dans notre groupe à la suite de son stage. Ce type de profil est assez rare. Mais encore une fois, c'est surtout la motivation des candidats qui nous fait sauter le pas.
Lorsqu'ils sont prêts à se lancer dans une aventure lointaine, en prenant des risques car ils n'ont en général que peu d'informations sur le travail qui les attend, la filiale qui va les accueillir et leur lieu de vie, ils ont toutes les chances de faire de bons stagiaires. Ceux qui, dès les premières minutes de l'entretien, posent des questions sur les horaires, le nombre de jours de vacances ou demandent à ce que tous les frais de voyage ou de vie leur soient remboursés sont rapidement écartés.


  • Avez-vous eu des réticences à recruter ?

Oui car l'ambiance actuelle, surtout vue avec des yeux de société française, ne favorise pas un dynamisme d'embauches. Mais nous avons beaucoup de travail, beaucoup de projets, et cette étudiante a prouvé pendant son stage qu'elle pouvait nous aider à atteindre nos objectifs.


  • Que vous a-t-elle apporté dans l'entreprise?

Nous aurions sans doute pu trouver un Américain capable de prendre en charge tout ou partie de ces projets. Il ne fallait pas tomber dans le piège du "favoritisme" : embaucher une jeune Française car le patron est Français. Si ce sentiment s'était développé, c'en était fini de ses chances de pouvoir travailler avec ses collègues américains. Mais je crois que tout le monde a compris, et le fait qu'elle puisse faire le lien avec les équipes françaises est devenu un atout.


  • Quels conseils pouvez-vous donner aux entreprises souhaitant recruter un stagiaire français pour une mission à l'étranger ?

J'ai plusieurs conseils pour les recruteurs :
- Validez la motivation et l'autonomie du candidat. Partir à l'étranger, ce n'est pas facile. Qu'il y ait une structure ou pas sur place, il restera toujours le stress de l'éloignement, la pratique d'une langue étrangère, des millions de petits détails à régler (visa, logement, etc.)
Un petit conseil personnel : je me mets toujours dans la tête que le stage débouchera éventuellement sur une embauche. Cela permet de donner une vraie mission au candidat, utile à la société. Le stagiaire ressentira l'importance de son rôle et en sera d'autant plus motivé. Cette période permet à la société de jauger les qualités du candidat sur une durée longue.
- Pensez aussi au VIE à la place ou à la suite du stage. C'est une vraie opportunité pour les entreprises et les jeunes diplômés, à un coût relativement modeste.

Et un conseil pour les jeunes diplômés : partez à l'étranger, cela vous donnera une maturité et une formation accélérée qui n'ont rien à voir avec ce que vous pourrez faire en restant en France. Cette expérience sera de toute façon "vendable", mais surtout, vous vous serez enrichi d'une culture nouvelle.


Propos recueillis par Julie Degrenne en octobre 2009


Devenue diplômée, l'étudiante a été recrutée à la fin de son stage fin 2009.