Sibylle Duchaine, doctorante en sciences de gestion à l'IEMN-IAE, soutient sa thèse le 12 juillet. Elle a accepté de revenir sur son parcours et nous présenter son thème de recherche.

S Duchaine




Sibylle DUCHAINE





Doctorat en sciences de gestion

Formation d'origine : Master Recherche Approches Organisationnelles des Pratiques de Management, IEMN-IAE
Formation suivie : Doctorat en sciences de gestion (dernière année)


  • Bonjour Sibylle. Pouvez-vous nous présenter votre parcours avant le doctorat ?
J'ai fait tout mon parcours à Nantes. Je suis entrée à la Faculté des sciences économiques et de gestion en 1re année de DEUG et ai obtenu une licence puis une maîtrise en Économie et Gestion des Entreprises. Je me suis ensuite spécialisée en recherche avec l'obtention d'un DEA Approche organisationnelle des pratiques de management, en 2004.

  • Pourquoi avez-vous souhaité faire un doctorat ?
J'apprécie l'écriture et le travail de recherche.

En fait, j'ai découvert le travail de recherche pendant mon année de maîtrise. Je devais réaliser un mémoire et ai choisi le thème des stratégies internationales des entreprises de distribution textile, sous la direction de Paulette Robic. J'ai produit un deuxième mémoire lors de mon DEA, cette fois sur le reengineering d'Airbus et la gestion du changement.

Paulette Robic et Mathieu Detchessahar, qui a suivi mon mémoire de DEA, ont apprécié mon travail et m'ont incité à poursuivre en thèse car ils sentaient que j'en avais le potentiel.

  • Vous allez soutenir votre thèse très prochainement. Quel sujet avez-vous choisi de traiter ?
Le sujet de ma thèse est « Innover sans projet ? Les micro-pratiques communicationnelles de l'innovation : le cas d'une entreprise de fabrication d'emballages. »

L'objectif de cette thèse est d'étudier l'innovation d'un point de vue microscopique, à travers les micro-pratiques communicationnelles qui la construisent au quotidien, et notamment les réunions.
Celles-ci, en ce qu'elles sont à la fois structurées et structurantes pour l'organisation, offrent un cadre d'analyse privilégié qui permet d'accéder aux pratiques communicationnelles et aux praticiens de l'innovation. Ma thèse s'appuie donc sur l'ethnométhodologie comme méthode de recherche afin de comprendre et analyser les routines, pratiques et modes de communication de l'innovation dans le contexte dans lequel ils se situent. Ce travail, à partir de l'étude de cas d'une entreprise de fabrication d'emballages en carton ondulé, met alors en évidence les caractéristiques spécifiques des réunions et la manière dont elles contribuent à la fabrique de l'innovation.

  • Vous avez donc intégré une entreprise pour votre travail d'observation ?
Oui. J'ai commencé par chercher des informations sur les entreprises locales, leurs dirigeants, leur activité, etc. et j'ai ensuite sollicité quelques entreprises de la région. L'une d'elles s'est montrée intéressée et a accepté de me recevoir. J'y ai passé un an et demi, à raison de deux jours par semaine.

Les dirigeants de cette entreprise industrielle m'ont vraiment fait confiance dès le départ. Grâce à cela, j'ai pu assister à de nombreuses réunions et vraiment observer comment l'innovation y est abordée.

Ma présence les a d'ailleurs incités à mettre en place un processus de gestion de projet pour soutenir l'innovation, outil auquel ils pensaient depuis quelques temps. J'ai observé cette nouvelle organisation pendant 6 mois... et ai conclu que rien n'avait changé ! Il a alors fallu expliquer pourquoi.

J'ai finalement quitté l'entreprise au bout de 18 mois, car il fallait commencer le travail de rédaction. Au départ, cela a été difficile, car il a fallu prendre du recul et regarder les événements avec un œil extérieur.

Maintenant que le sujet est traité, j'espère que l'entreprise exploitera les données de ma thèse !

Mathieu Detchessahar, son directeur de thèse, apporte des précisions

  • Et maintenant, comment voyez-vous votre avenir professionnel ?
Mon rêve serait de partir quelques mois en mission humanitaire à l'étranger ! Mais plus concrètement, je suis pressée d'entrer dans la vie active et de pouvoir travailler.
J'ai eu l'occasion de donner des cours pendant mon doctorat (monitrice chargée de TD puis ATER*) et cela m'a vraiment plu. Après ma soutenance, je vais préparer un dossier pour pouvoir être qualifiée aux fonctions de maître de conférences et continuer à enseigner dans le supérieur... J'aurai les résultats en mars. En attendant, je vais soit enseigner dans le privé, soit travailler dans le secteur du conseil.

* Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche


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Pour financer son doctorat, Sibylle a bénéficié de l'Allocation de recherche ministérielle, accordée en septembre 2004. Cette allocation versée pendant 3 ans permet de se consacrer pleinement aux travaux de recherche.
Le monitorat peut compléter l'allocation de recherche. Il assure une formation à la pédagogie et à l'enseignement supérieur (fonctionnement de l'université), en échange d'une activité d'enseignement.
Des fonctions d'Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) sont également proposées pour une durée de 1 an renouvelable 1 fois.
Source : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid22663/devenir-enseignant-du-superieur.html



Propos recueillis par Julie Degrenne, juin 2010